Sérieusement, t'es sérieux?

Publié le par Max B

 

 

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Hugues Lagrange. C'est le nom du type. Ne l'oubliez pas, vous risquez d'en entendre parler durant les futurs passionnants « débats » qui animeront la prochaine présidentielle. Pour l'instant, il fait juste frétiller la réacosphère (aussi connue par les services de la Police de la Tolérance Tolérante comme la fachosphère). Pourquoi ? Parce-que le monsieur en question a écrit un bouquin liant origine culturelle et délinquance. Petite précision, l'homme n'est pas le neveu de Jean-Marie Le Pen, mais est bien de gauche, et bosse au CNRS, qui est loin d'être un bastion du nazisme supposé renaissant, vous en conviendrez. Hugues Lagrange a comparé dans son étude, s'étalant de 1999 à 2006, la proportion de jeunes d'une même origine sociale entrant en délinquance, et cela selon leur origine culturelle. Et les résultats montrent, sans conteste, une sur-représentation des individus issus de familles africaines (Afrique du Nord et surtout Afrique Noire), et Turques. Beaucoup vont feindre la surprise, les idiots et les naïfs feindront l'indignation et joueront à « j'ai rien vu, j'ai rien entendu ». Pourtant si on exclu les propos similaires venant du FN et assimilés, voire même de la droite et du centre, cela n'est pas une nouvelle pour ceux qui s'intéressent à la question.

Voilà ce que disait Malek Boutih en 2000 devant la commission d'enquête parlementaire sur la délinquance des mineurs :

« Beaucoup de raisons expliquent pourquoi il y a plus de « bronzés » que de blancs dans les centres de jeunes détenus, mais ce ne sont pas des éléments culturels. »

Le même Malek Boutih aujourd'hui concède pourtant que le constat de Lagrange est vrai. Le vent a tourné.

 

 

 

 

Christian Delorme, « Curé des Minguettes », devant la même commission :

« En France, nous ne parvenons pas à dire certaines choses, parfois pour des raisons louables. Il en est ainsi de la surdélinquance des jeunes issus de l’immigration, qui a longtemps été niée, sous prétexte de ne pas stigmatiser. On a attendu que la réalité des quartiers, des commissariats, des tribunaux, des prisons impose l’évidence de cette surreprésentation pour la reconnaître publiquement. Et encore, les politiques ne savent pas comment en parler »

 

Saphir-News, qui se définit lui même comme le premier quotidien musulman d'actualité en ligne, écrivait ceci le 10 septembre :

« Plus de la moitié de la population carcérale en France est de culture musulmane. Un fait, bien qu'aucune statistique officielle n'en fasse écho. »

 

Le Monde, citant un article du Washington Post, explique dans un article du 29 avril 2008 que « "60 % à 70 %" des détenus en France sont musulmans alors qu'ils représentent "à peine 12 % de la population totale du pays". »

 

Dans Le Temps, quotidien tunisien, voilà comment réagit Omar, 29 ans, à l'affaire Zemmour :

 

« Tous les jours une nouvelle polémique défraie les chroniques, et la dernière en date celle d’Eric Zemmour…qui, par contre, m’a bien fait réfléchir.

Il a dit chez Ardisson: « la plupart des trafiquants sont arabes ou noirs…c’est un fait »… et qui peut dire le contraire? Il a raison!! Il n’y a rien à dire. Il a dit tout haut ce que tout le monde pensait tout bas.

Moi aussi, j’ai une opinion sévère envers les Africains qui vivent ici. Pourquoi le nier? S’il y a du chahut dans le métro, dans 90 % des cas c’est un africain, un abri bus qui éclate par un coup de pieds? Toujours les mêmes avec le survêtement et la capuche sur la tête.

L’Algérie se qualifie en finale? C’est des voitures qui brûlent? Le drapeau de par-dessus la façade d’une mairie est aussitôt remplacé par le drapeau algérien, et des magasins saccagés.

L’Algérie perd en CAF …pareil: bagarres, passage à tabac, violence. Toujours « les mêmes ».

Et si tout cela se passait chez nous en Tunisie? On réagirait comment? »

 

Et tout ceci n'est que « the tip of the iceberg » comme on dit chez ces salopards d'amerloques qui sont méchants.

 

La première défense contre les propos tenus par Hugues Lagrange et les gens ci-dessus est sociale. « Mais c'est parce qu'ils sont pauvres ». Il est célèbre celui-ci maintenant. Et bien pauvreté et criminalité ne sont pas liés. En effet, un rapport intitulé “Pauvreté, précarité, solidarité en milieu rural”, émanant de l’Inspection générale des affaires sociales et du Conseil général de l’agriculture révèle que la vraie misère, messieurs et mesdames, on la trouve chez les ploucs, à la campagne, dans le bouseux-land national tant raillé par les Germanopratins à la mode Paris-Plage. Le taux de pauvreté dans la Creuse est de 19.5 %. Dans le « 9 cube », il est de 18%.

Et maintenant, citons Xavier Raufer, criminologue :

« Lisons “Criminalité et délinquance enregistrées en 2009”, rapport de l’Observatoire national de la délinquance. Violences physiques crapuleuses : Seine-Saint-Denis, 8,3‰ ; Creuse : 0,1. Vols : Seine-Saint-Denis, 48,5‰; Creuse, 7,6. Etc. »

 

 


Xavier Raufer : "Qui sont les vrais pauvres dans ce pays ?"

 

 

Voilà. Pauvreté ne veut pas dire criminalité. Il y a d'autres facteurs.

 

Mais avant d'aller plus loin, précision ! Ni Hugues Lagrange, ni Eric Zemmour, ni tous les autres, ne disent que TOUS les « divers », noirs, verts, jaunes ou rouges, sont méchants. Ils disent qu'une énorme part de la délinquance et de la criminalité émane d'une certaine population, quand on rapporte la part de cette population à l'ensemble des habitants de la Gaule.

 

Ceci étant dit, quid de ces autres facteurs ci-dessus évoqués ? Ma main à couper qu'on va avoir droit, après le déni de réalité, aux deux habitués du débat : racisme et ghettoïsation.

Pour ce qui est du racisme, la France est le premier pays européen, et le deuxième dans le monde, en ce qui concerne la reconnaissance du statut de réfugié, et donc l'accueil des-dits réfugiés. Les naturalisations sont également en hausse (+ 15.2% par rapport à 2009). 67 300 naturalisations contre 19 042 renvois. Le résident actuel de l'Elysée, malgré tout le mal qu'on peut penser de lui, et à raison, ce n'est pas Pétain. Et la France de 2010 n'est pas Vichy. Il serait bon de retrouver le sens de la nuance. Un manuel d'histoire de collège peut aider.

On peut aussi citer Le Point (27/08/2010)  :

« Par rapport à ses voisins européens, la France figure toujours sur le podium du plus grand nombre d'octrois de nationalité. Selon les chiffres les plus récents fournis par l'institut de statistiques européen Eurostat, et qui ne traduisent pas de façon évidente l'évolution de la politique d'immigration dans l'Hexagone, la France était même championne d'Europe en 2008, avec un peu plus de 137.000 acquisitions de la nationalité - parmi lesquelles environ 108.000 naturalisations par décret et par mariage -, devant le Royaume-Uni et l'Allemagne, qui pointent respectivement à 129.000 et à 94.000 acquisitions. »

 

Donc en plus d'êtres de gros nazis, les Français sont masos. Ca commence à faire beaucoup pour un seul peuple, surtout que selon Eric Besson, il n'existe pas :

« la France n’est ni un peuple, ni une langue, ni un territoire, ni une religion, c’est un conglomérat de peuples qui veulent vivre ensemble.

Il n’y a pas de Français de souche, il n’y a qu’une France de métissage »

Donc ce mec là, selon certains, c'est le nouveau Pierre Laval. Bon ok, ils ont un point commun, à la base ce sont deux mecs de gauche.

Pour la ghettoïsation maintenant. Moi je veux bien que la France soit un grand camp de concentration à ciel ouvert. Mais il faudrait me montrer un papier officiel prouvant que depuis les années 70, les gouvernements successifs de gauche et de droite ont accueilli les immigrés à leur descente d'avion et de bateau en leur expliquant qu'ils n'avaient pas le choix, et qu'ils étaient forcés d'aller habiter dans les banlieues des grandes villes françaises. Alors oui, quand le patronat à fait venir des gens de nos anciennes colonies pour bosser dans leurs usines, les mecs ont été parqués ensembles. Là on pouvait parler de ghettoïsation. Maintenant, si les gens venant actuellement du Mali ou d'Algérie veulent aller habiter dans la campagne Bretonne par exemple (et il y en a), personne ne va leur dire que non et qu'il vaut mieux tracer jusqu'à Clichy-sous-Bois. Selon certains encore, l'Etat serait bien content de regrouper tout ce beau monde dans les quartiers pour les contrôler et être méchant. Pour ce qui est du contrôle, on a pu voir à quel point tout ce bordel a été contrôlé et magnifiquement géré pendant les émeutes de 2005 et celles qui ont précédé ou suivi.

La vérité, c'est que partout dans le monde, les immigrés, qu'ils soient Français de souche (oui, ça existe, sans rire), Algérien, Anglais, Chinois, et Martiens se regroupent entre eux. Parce que c'est plus facile, pas besoin de se faire trop chier à parler la langue du pays d'accueil (pratique pour les Français qui sont aussi doués en langues que les Anglais pour la bouffe), et pas besoin de troquer ses coutumes et traditions pour d'autres qui sont toutes bizarres d'abord. Na ! Et qu'on ne vienne pas m'expliquer que ça fonctionne ce fatras là. On va me dire « oui mé lé Zuhéça, oui mais Langletaire! ». Et ben ma bonne dame, les USA ils ont commencé par massacrer ou foutre dehors les autochtones planteurs de tipis et mangeurs de bison. Et les communautés ne se mélangent pas, ou très peu. Et en Angleterre, depuis le son et lumière halal du 7 juillet 2005, ils en reviennent un peu du multiculturalisme. L'English Defense League ferait passer Jean-Marie pour un gauchiste radical en première année de socio.

 

Alors le problème principal, c'est un nazi qui l'a expliqué il y a déjà quelques temps :

 

« On a mis dans la tête des gens que la société relevait de la pensée abstraite alors qu’elle est faite d’habitudes, d’usages, et qu’en broyant ceux-ci sous les meules de la raison, on pulvérise des genres de vie fondés sur une longue tradition, on réduit les individus à l’état d’atomes interchangeables et anonymes. »

 

Ce nazi, c'est Claude Levi-Strauss. Ce qu'il nous dit, c'est que sans un minimum culturel en commun, on ne construit pas une communauté. On fabrique par contre une belle société de consommateurs sans autre idéal que celui de posséder le dernier gadget de merde à la mode. On fait passer une certaine idéologie avant la réalité. Et quand les faits rattrapent l'idéologie, on tente de les étouffer. Cette idéologie, c'est celle qui a substitué au modèle assimilationniste du début du XXe siècle un modèle multiculturel utopique dans lequel tout le monde serait différent mais s'entendrait pour être quand même identique. Car quel est le socle commun ? Liberté, Egalité, Fraternité ? La République ? La Démocratie ? On n'est pas obligé d'être Français ou même Européen pour être en accord avec ces valeurs et systèmes. Pour qu'une société soit viable et se reconnaisse comme une réelle communauté, il faut que certaines traditions, certains schémas culturels, soient partagés. Dans le cas contraire, une partie de la société aura l'impression qu'on pisse sur son histoire et ses traditions en tant qu'hôtes, et l'autre partie pensera qu'on se fout de sa gueule en lui disant d'un côté que son mode de vie est génial, et de l'autre qu'il n'est pas adéquat. Le résultat de ce gloubiboulga neuneu ? Tu l'as sous les yeux madame. Des gens qui ne comprennent pas qu'on ne les accepte pas comme ils sont alors qu'on leur dit qu'ils sont comme les autres. Ces autres qui ne les acceptent pas parce qu'ils ne partagent presque rien avec eux. Et voilà la source du conflit, du rejet des institutions et de la culture du pays accueillant, voire de sa population autochtone. Bien sur on peut trouver très sympa de manger un couscous le jour de l'Aïd el Fitr avec son voisin musulman. Mais il faut aussi appréhender qu'une bonne partie des Français n'ont pas envie qu'on oblige leur gosse à bouffer pas haram à la cantine, qu'on revienne sur le droit des femmes par « respect » et « tolérance », et que leur quartier ressemble de plus en plus à Sadr-City ou à Bamako. Ce qu'il faut comprendre, ce n'est pas que les gens n'aiment pas Bamako ou Tunis, la plupart seront très heureux d'y aller faire du tourisme à part quelques aigris. Le touriste n'abandonne pas sa culture quand il part trois semaines à Lima ou à Dar el Salam. Justement parce qu'il ne s'installe pas sur le long terme. Une communauté  s'installant pour un laps de temps indéfini sur un territoire étranger en y conservant ses traditions, voire en les imposant, ça ne s'appelle pas du tourisme. Et presque à chaque fois que ce genre de petite expérience amusante a été tentée, la fin a été plutôt désolante, et même sanglante.

Dans ce joli merdier créé de toute pièce par des crétins utopistes complètement irresponsables, et en regardant dans la direction vers laquelle vont les choses, on est consterné. Il y a des solutions au problème. Des solutions qui n'impliquent ni massacres à la yougoslave, ni toute autre chose de cet acabit. Mais ces solutions impliquent par contre d'être dirigé par des gens qui on autre chose en tête que leur réélection, les intérêts de leurs potes, ou des utopies fadasses. Ils faut des hommes et des femmes qui comprennent et savent que l'on ne peut passer outre la réalité, même si elle est laide, même si elle est détestable, et qui veulent bien entendre le peuple qu'ils sont censés servir. Il faut des dirigeants qui regardent l'histoire en face, sans volonté de récupération, mais dans un but de compréhension et d'appréhension du monde actuel. Hélie de Saint Marc nous dit que « l’Histoire est un remède au totalitarisme. Elle enseigne qu’il n’y a pas d’actes isolés, seulement des enchaînements. Un pays sans histoire ne serait pas un pays sans malheurs, mais un pays sans valeurs. »

 

Et nous laisserons le mot de la fin à un monsieur qu'il faudrait peut être relire.

 

« Ayez le courage de regarder la réalité en face. Alors seulement on pourra peut-être faire quelque chose. »

H.G. Wells
1866-1946

 

Fuck the thought police.

 

 

Publié dans Société

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Yann 19/09/2010 17:45



Très bon billet.



robespierre 18/09/2010 19:11



c'est toujours agaçant de lire le billet qu'on était entrain d'écrire ! Salaud! Je vais donc refaire mon billet en une seule ligne, un seul lien. Pas d'incovénient ?



Max B 19/09/2010 17:41



Aucun. Et merci.



dxdiag.over-blog.com 18/09/2010 18:56



vraiment très bien votre article!


pour les arguments de mauvaise foi qu' on va entendre, on peut prevoir des trucs du style:


1) la campagne comme la belle musique adoucit les moeurs et  donc nos pauvres bouzeux pauvres  seraient tout à fait delinquants en ville cqfd


2)quoi! vous voulez OBLIGER les noirs à habiter en bretagne!! putain et les droits de l homme vous en faites quoi?



Max B 19/09/2010 17:42



1) ils expliqueront ça aux Chouans.


2) Je sais, c'est mon côté inhumain pas sympa!