Attends, je t'explique l'Afghanistan

Publié le par Max B

   Vu que je n'écoute pas que Radio Paris entre deux sessions de nettoyage ethnique, je me suis hertziennement dirigé ce matin vers France Culture. On y parlait d'un petit pays fort sympathique enchantant l'actualité depuis...au moins 1978. Ce riant agrégat de plaines et de montagnes, c'est l'Afghanistan. Ceux qui ont peu ou prou suivi les informations ces dernières années savent que l'Afghanistan est surtout connu pour ses soldats français qui doivent "rester ou partir?"  Le reste on s'en fout un peu, soyons honnêtes.
   Bon, on sait que l'Occident n'est plus foutu de régler ce qui peut l'être par l'action violente depuis...pfiuuuuu...ouai! Si on ne compte par la Serbie de Milosevic, on se fait ramasser depuis 1945. Première cause: laguercémal, bien sur. Mais aussi une incapacité chronique à prendre des décisions cohérentes, voir le Rwanda:
"-Bon les gars, on va aider les mecs là-bas à pas faire la guerre.
-OK!"
Quelques mois plus tard...
"-Heu Monsieur l'ONU, ils ont commencé à s'entre-massacrer...On fait quoi?
-Rien Roger, on est là pour faire la paix, pas la guerre! Faudrait voir à pas se laisser reprendre à ces jeux puériles, plus jamais ça on a dit, et à la télé encore en plus!
-Ben justement Monsieur l'ONU, je crois qu...
-Taisez-vous Roger!"
Même chose en Isralestine, au Soudan, gna gna gna. Depuis la randonnée US au Vietnam et nos sons et lumières en Indochine et Algérie, la guerre ne vend plus, à part en s'y opposant.
   Mais bon, on y est à Kaboul, alors qu'est-ce qu'on fait maintenant? Et surtout qu'est-ce qu'on a pas fait? Alors dans un ordre quelconque: nettoyé les champs de pavot, offert des opportunités de développement économique réelles et légales, lutté efficacement contre la corruption, donné à la population des conditions de vie décentes, opéré une détalibanification efficace. En gros ce qu'on a fait en Allemagne et au Japon après 45.
   Donc c'est le bordel. Et la honte. La honte parce qu'on a pas tiré les leçons de l'aventure soviétique. La honte parce qu'on a pas écouté Massoud. La honte parce que les pays les plus développés du monde sont pas foutus de s'entendre pour foutre une branlée a une bande de fieffés enculés qui passent leur temps à faire péter des écoles (de filles surtout), égorger des gens, et soutenir le traffic de drogue à l'international.
   Et donc je repose la question: qu'est-ce qu'on fait maintenant? Et bien mesdames et messieurs, on en a pas 36 de solutions. On en a même que deux.
Option n°1: on se casse la queue entre les jambes, fiers de nous parce qu'on fait plulaguer, et que laguercémal. On laisse l'Afghanistan redevenir une grande fête foraine pour malades mentaux à barbes et une source de joie ineffable pour les dealers du monde entier. Et les femmes, les mauvais musulmans, les pauvres bonhommes des régions tribalisées, et les gosses -je ne parle pas des homos qui, de toute façon, n'existent pas dans ces pays, dixit Mahmoud- auront une vie longue et heureuse sous la tutelle des gentils organisateurs du village vacances pour islamistes que sera redevenu l'Afghanistan. Mais au moins l'opinion publique occidentale fera plus chier les politiques, qui ont déjà un boulot d'enfer à gérer leurs emmerdes.
Option n°2: On reste. Nos soldats meurent, saignent, tuent. On aura d'autres bavures, des civils tombant sous les balles de la coalition OTAN/ONU. Mais on change la donne, on fait TOUT ce qu'on a pas fait jusqu'ici. Et on pousse le Pakistan à faire le ménage dans les zones tribales. Mais pour ça, il faudrait des politiciens qui redeviennent des hommes politiques courageux, une opinion occidentale qui se sort la tête du cul, de son matérialisme égoiste je-m'en-foutiste, et de véritables chefs de guerre avec une vraie vision tactique ET stratégique.

En gros, les Afghans sont loin de sortir de leur merde. Mais il faut dire que les masses euro-américaines se lassent de cette série télé qui dure depuis bien trop de saisons déjà. Alors non seulement elles zappent, mais en plus se plaignent de ce qu'elles ne veulent pas/plus voir.
Les étudiants à kalashnikovs ont de beaux jours devant eux.

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Marine 29/10/2009 11:16



Je suis d'accord aussi avec la proposition de Clarissa, mais on n'en prend pas le chemin.


Nos concitoyens pétitionnent pour le retour des trois Afghans expulsés...



Max B 30/10/2009 10:44


Concitoyens français, ou concitoyens du monde...


Marine 27/10/2009 13:07


Vous expliquez très bien, j'ai tout compris.


Clarissa 22/10/2009 17:55


Je suis d'accord qu'il n'y a que ces deux alternatives, et en même temps, je les vois entièrement différemment!

Il peut nous sembler bon de rester et de pacifier la région, ça nous arrangerait bien. Mais je pense que cela ne donnera rien de bon. Tout le bien qu'on pourrait faire là bas sera toujours "le bien
imposé par les occidentaux", et ils y préféreront un mal bien de chez eux.

Je suis entièrement partisane de l'option n°1, donc: on se casse. On reprend nos hommes à nous, et en retour on renvoie tous ces hommes valides qui affluent en France depuis l'afghanistan dans leur
pays, avec des fustils, en leur disant que s'ils veulent un meilleur avenir, ils peuvent se battre pour lui. Ce sera sanglant - mais au moins, à partir de là, quelque soit leur destin, ils l'auront
forgé eux mêmes. Et ils ne pourront pas venir dans dix ans pleurer que les occidentaux ont imposé leur volonté sur leurs terres.

Si on reste là bas, on arrivera probablement pas à établir une paix durable. Et même si on arrive, après avoir perdu des dizaines d'hommes dans cette guérilla, alors quoi? Quel sera le prochain
pays dominé par des barbares qu'il faudra sauver? Ca n'aura pas de fin.


Max B 23/10/2009 14:33


Tu as raisons, et je suis d'accord avec toi, mais je ne l'ai pas écrit de manière explicite dans mon article. Notre principal devoir en Afghanistan sur le plan militaire est bien entendu de former
l'ANA. Et former les illégaux afghans pour qu'ils aillent se battre pour leur pays est à mon sens une idée sensée. Mais on ne peut pas leur filer un flingue et les envoyer au casse pipe comme ça.
C'est ce que les américains ont fait dans les 80's et on voit ce que ça a donné.